Sous la direction de marie-laure duranddominique diasemmanuelle prak-derrington
Le « politiquement correct » : (auto-)censure de la bien-pensance ou bien respect des minorités ? Ce numéro entend dépasser les clivages idéologiques pour mettre en avant les enjeux discursifs et sociétaux de ce phénomène controversé.

Présentation

Le politiquement correct n’en finit pas d’alimenter débats et polémiques dans tous les types de discours : décrié par les uns comme une censure exercée par la bien-pensance, il est revendiqué par d’autres comme une nécessaire visibilisation de groupes dits minoritaires.
Ce numéro entend initier une réflexion sur cette question qui n’a pas encore fait, en France, l’objet d’études systématiques en sciences du langage. Les neuf contributions réunies ici montrent que le politiquement correct n’est pas qu’une histoire de mots à bannir pour les remplacer par d’autres considérés comme plus adéquats. La question de la désignation « correcte » n’a de sens qu’à l’échelle des discours, en prenant en considération la position discursive du locuteur, les différences culturelles et les évolutions dans le temps.
Au-delà de l’emploi de la formule elle-même, notamment à des fins argumentatives, le politiquement correct est le révélateur du constant réajustement des normes et des tabous linguistiques dans les discours et dans la société. L’approche résolument discursive et contrastive adoptée dans ce dossier met au jour la nécessité d’élargir le champ d’investigation et confirme l’urgence qu’il y a à comprendre les mécanismes qui sous-tendent les phénomènes d’interdits langagiers et de prescriptions normatives.

Auteur·e(s)

Dominique Dias est maître de conférences en linguistique allemande à l’Université Grenoble Alpes. Il est membre du laboratoire ILCEA4 et travaille au sein de l’équipe du Gremuts en linguistique textuelle sur les genres de discours. Ses dernières publications portent notamment sur la définition et l’évolution des pratiques métatextuelles comme le fact-checking ou les recensions journalistiques.

Marie-Laure Durand est maître de conférences en linguistique allemande à l’Université Paul Valéry Montpellier 3 et membre du CREG (Centre de Recherches et d’Études Germaniques). Ses recherches portent sur les constructions détachées, dans une approche morphosyntaxique et pragmatique, et sur la structuration du discours et de l’argumentation.

Emmanuelle Prak-Derrington est maîtresse de conférences HDR à l’ENS de Lyon. Ses travaux développent une linguistique anthropologique, en privilégiant l’étude des marqueurs à la fois ontologiques et linguistiques, comme la personne, le temps ou la répétition. Elle travaille sur des corpus plurilingues (allemand, français et anglais). Elle vient de publier un ouvrage Magies de la répétition. Page professionnelle : http://www.icar.cnrs.fr/membre/eprakderrington/.

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Publié le1 février 2021
Mis à jour le1 février 2021