Sous la direction de Anne CayuelaCécile Terreaux-Scotto
La série documentaire sur les « sorcières », rediffusée sur France Culture au printemps 2020 après une première diffusion en 2018, l’année même où est paru l’ouvrage de Mona Chollet (Sorcières, la puissance invaincue des femmes) témoignent de l’intérêt du public pour la question des sorcières. L’éclairage historique et culturel contenu dans ce numéro ne peut que nourrir la réflexion sur cette question qui relève des gender studies.

Présentation

Si l’on observe actuellement un engouement pour les sorcières et tout l’imaginaire qui les entoure et si la figure de la sorcière moderne incarne aujourd’hui des valeurs féministes, écologiques et politiques fortes, il convient d’interroger les discours qui portent cette vision positive et la progressive réhabilitation d’une figure persécutée à l’époque moderne. Un retour vers cette période de l’Histoire et une plongée vers deux territoires méditerranéens, l’Espagne et l’Italie, a permis, à travers les huit articles contenus dans ce volume, d’interroger les discours, de comprendre les représentations, d’étudier des cas individuels ou des manifestations collectives qui ont construit un imaginaire de la sorcière qui la désignait comme responsable des famines, des épidémies, et en particulier de la mortalité infantile.
Apportant un éclairage historique, linguistique, ou littéraire, les auteurs se sont penchés sur les discours, les textes et les représentations dont les femmes accusées de sorcellerie ont été l’objet entre le XVe et le XVIIIe siècles en Europe, selon les spécificités nationales du monde méditerranéen, afin de mieux cerner leur identité, leur place et leur rôle dans l’espace public, ainsi que la nature de la répression et de la violence qu’elles ont subies.

Auteur·e(s)

Anne Cayuela
Agrégée d'espagnol, ancien membre de la Casa de Velázquez, professeure de littérature espagnole du Siècle d’Or à l’Université Grenoble Alpes, elle est membre du laboratoire ILCEA4.
Elle est l’autrice de deux monographies Le paratexte au Siècle d’Or, Genève : Droz, 1996 ; Alonso Pérez de Montalbán, un librero en el Madrid de los Austrias, Madrid : Calambur, 2005 (Biblioteca Litterae, 6), et a également publié une traduction en français du roman pastoral de Jorge de Montemayor Les sept livres de Diane (Paris : Champion, 1999). Spécialiste du roman et du théâtre au XVIIe siècle, elle s’est également intéressée à l’histoire de la culture écrite et des formes imprimées, à l’histoire du livre et de la lecture à l’époque moderne. Elle a dirigé un ouvrage collectif Edición y literatura en España (siglos XVI y XVII), Saragosse, PUZ, 2012 (Postface de Roger Chartier). Elle a codirigé avec Christophe Couderc le domaine espagnol du projet ANR « Les idées du théâtre : France-Italie-Espagne XVIe-XVIIe siècles ». De 2017 à 2020, elle un dirigé programme de recherches transversal qui a conduit à la publication de plusieurs travaux consacrés à la chanson et à la relation entre poésie et musique, parmi lesquels on peut signaler les derniers recueils d’articles Traduire la chanson, La Main de Thôt, 8, 2020; Chant et nation : de la culture populaire à la culture savante, Revue ILCEA, 38, 2020; Chanter les poètes, ATEM n° 6, 2, 2021. Ses derniers travaux portent sur la danse au siècle d’or.

Cécile Terreaux-Scotto
Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégée d’italien, maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université Grenoble Alpes, elle est membre du laboratoire LUHCIE au sein duquel elle est co-responsable de l’axe « Écritures, objets, formes de communication ».
Elle est l’autrice d’une monographie parue chez Droz (Les âges de la vie dans la pensée politique florentine) et en prépare une seconde (L’édifice des sermons savonaroliens, rhétorique et politique à Florence à la fin du XVe siècle, contrat signé chez Droz). Co-auteure de trois ouvrages collectifs (avec Patrizia De Capitani, Actualité de l’Humanisme. Mélanges offerts à Serge Stolf, Paris, Classiques Garnier, 2020, « Rencontres » ; avec Jean-Marc Rivière, numéro thématique des Cahiers d’études italiennes, [En ligne], 29/2019 : L’art de la prédication au XVe siècle : efficacité rhétorique et figurative ; avec Alice Carette, Raúl González Arévalo et Rafael Maria Girón-Pascual, Italie et Espagne entre Empire, cités et États. Constructions d’histoires communes (XVe-XVIe siècles), Rome, Viella, 2017), elle co-dirige la traduction des Ricordi de Giovanni Morelli avec Serge Stolf et Élise Leclerc.
S’intéressant principalement à la pensée politique, à la famille, à l’éducation et à la prédication à la Renaissance, ses travaux portent actuellement sur la lecture rhétorique de la prédication au XVe siècle dans la péninsule italienne.

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Publié le24 mars 2022
Mis à jour le28 mars 2022