Sous la direction de Catherine Volpilhac-Auger
Quel sens avait l'Antiquité pour les érudits et les amateurs qui travaillèrent à la collection Ad usum Delphini, comme pour le public à qui elle était destinée ? En quoi cette entreprise d’édition patrimoniale soutenue par l’État a-t-elle fait date ?

Présentation

La collection Ad usum Delphini, entreprise considérable d’édition de classiques latins et de dictionnaires de quelque soixante-dix volumes in-quarto, qui coûta si cher au Trésor royal, qui occupa tant de place dans les bibliothèques, qui pesa tant sur la vie de ses directeurs, l’illustre Montausier, gouverneur du Dauphin fils de Louis XIV, et le savant Huet, n’est même plus une idée, tout juste une expression consacrée par l’usage. Ultime geste de sauvegarde de la culture latine, qui se voulait destiné à la génération de 1670 comme aux suivantes : ultime et inutile, la barque ayant sombré avant le navire.
Un échec, donc, mais bel échec dont il fallait retracer l’histoire, souligner l’originalité éditoriale et pédagogique, mesurer les implications et les enjeux moraux, politiques, idéologiques, pour retrouver ce qui constitue son véritable sens : une formation intellectuelle destinée, bien au-delà du cadre scolaire, à l’honnête homme, et la certitude qu’il n’est de véritable connaissance du monde qu’à travers la littérature antique.

Collection Des Princes, les derniers titres

Publié le 1 mai 2000
Mis à jour le 21 août 2019