Sous la direction de Bertrand Vibert
Les liens entre le conte et la poésie relèvent à la fois de l’évidence et de la gageure. Les études réunies dans ce nouveau numéro examinent sur trois siècles les avatars du conte poétique en vers et en prose.

Présentation

Pour Andersen, « le conte est le royaume le plus étendu de la poésie » : définition romantique qui fonde la poésie du conte sur la valeur, mais fait bon marché du vers, depuis toujours critère de la poésie. Or la question du moyen de la poésie et du conte est posée depuis le XVIIe siècle avec Perrault jusqu’au XIXe siècle chez les auteurs de recueils de contes poétiques en prose. Entre temps, il y a eu le romantisme des frères Grimm et la valorisation du fonds populaire comme source de poésie. Ce faisant, on est passé d’une poétique « classique » à une poétique « moderne ». Pourtant, Perrault avait anticipé la même opposition en prenant parti pour les « Modernes » dans la fameuse « Querelle ».

Les études ici réunies examinent sur trois siècles les avatars du conte poétique en vers et en prose. Loin de toute conception linéaire ou finaliste, la lecture des auteurs et des œuvres met en évidence les jalons significatifs de cette histoire, quitte à faire voler un éclats les idées reçues de la poétique des genres : à la fin du XVIIe déjà, « on a touché au vers », pour le plus grand profit d’une littérature qui ne cessera de se réinventer.

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Publié le 1 août 2017
Mis à jour le 24 octobre 2017