Auteur(s) Aurélie Thiria-Meulemans
Le double mythe ovidien est omniprésent chez Wordsworth. Un paradoxe dans les vers du grand poète romantique anglais qui voulait ne plus écrire comme les Anciens, mais produire des vers où la Nature et l’émotion se liraient directement.

Présentation

Wordsworth est-il le poète narcissique du «sublime égotiste» décrit par Keats ? L’étude approfondie de son œuvre révèle la présence, et le refoulement, du double mythe conté par Ovide au livre III des Métamorphoses. Le poète s’admire sans se l’avouer dans les lacs, les fleurs et les doubles rencontrés au gré des vers. Il se rêve également en Écho primitive, résonance fidèle du chant de la nature et non répétition des vers de ses prédécesseurs. Déplorant la perte de ses pouvoirs poétiques dans de nombreux poèmes et bien avant qu’elle n’intervienne effectivement, corrigeant toute son œuvre toute sa vie, pour adapter le miroir des vers à une réalité changeante, Wordsworth cherche par ailleurs à apprivoiser son lecteur, à faire de lui un double docile qui répèterait sans juger, à l’image du poète qui n’admire jamais rien tant que les vers qu’il ne comprend pas !

Collection Esthétique et représentation : monde anglophone (1750-1900), les derniers titres

Publié le 11 novembre 2014
Mis à jour le 20 août 2019