Sous la direction de Eugenia AfinoguénovaPierre Géal
L’impressionnisme est-il français ? Existe-t-il une « école italienne » de peinture en 1900 ? Faut-il s’inspirer de Goya pour prétendre incarner l’hispanité?

Présentation

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, alors que la circulation des œuvres et des artistes, dans le monde occidental, se fait plus intense, tandis que les tendances esthétiques et les styles paraissent s’affranchir des frontières, le prisme national joue bien souvent un rôle de premier plan dans le regard porté sur la production artistique. Les études réunies dans ce numéro ont pour ambition d’approfondir la réflexion sur les rapports que la production des artistes européens, autour de 1900, entretient — parfois à leur corps défendant — avec cette emprise qu’exerce la perspective nationaliste. Le prisme national, certes, est d’abord celui du regard des critiques, mais il s’incorpore bien souvent, plus ou moins consciemment, dans la pensée et la pratique des artistes eux-mêmes. Il s’agit donc d’expliquer les processus à l’œuvre dans la construction de la notion de style national/international, en tentant d’apporter des réponses aux questions suivantes : quels en sont les acteurs (artistes, critiques, écrivains, commissaires d'expositions, jurys, conservateurs de musées, historiens d'art…) ? Comment ces processus fonctionnent-ils (polémiques, diffusion de stéréotypes, classifications…) ? Il s’agit aussi d’étudier les modalités de la contribution de la peinture à l’élaboration d’un imaginaire national, ainsi que l’expression, dans la production picturale et dans sa réception, de l’articulation entre nationalisme et régionalisme, qui peuvent entrer dans un rapport de complémentarité ou, au contraire, d’opposition.

Auteur·e(s)

Eugenia Afinoguénova
Titulaire d’un doctorat en littérature péninsulaire espagnole et en études culturelles à l'Université de Georgetown, professeure à l'université Marquette depuis 1999, elle est spécialiste de l’histoire espagnole des XIX-XXIe siècles et experte en histoire culturelle. Ses domaines de recherches sont l’histoire des musées, le tourisme, le cinéma, et l’histoire des loisirs.

Pierre Géal
Maître de Conférences en civilisation espagnole à l’Université Grenoble Alpes. Spécialiste de l’histoire culturelle et politique de l’Espagne du XIXe siècle, ses travaux portent principalement sur l’histoire des musées et du patrimoine en Espagne, les politiques de mémoire et la politique informelle.

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Publié le3 décembre 2021
Mis à jour le6 décembre 2021