Sous la direction de Julie Anselmini
À côté et à l’encontre du désenchantement auquel sont associés les Temps modernes, le livre étudie les manifestations littéraires de l’admiration et de l’émerveillement. Complexe, fait d’effroi aussi bien que de ravissement, combinaison d’interrogation et d’émotion, celui-ci inspire aussi bien la poésie lyrique que le récit.

Présentation

Depuis l’étude magistrale de Mickael Edwards, De l’émerveillement, qui promouvait l’irréductible capacité de découverte, d’étonnement et d’enthousiasme qui fonde notre culture depuis la philosophie platonicienne, il importait de révéler la persistance de cette humeur et de ce moteur, souvent passés sous silence par la Modernité.
Ce livre croise plusieurs approches: la perspective de l’histoire littéraire, qui embrasse les deux derniers siècles, permet de ré-évaluer les fastes de l’éblouissement face au « rationalisme étroit et positif » (Nodier) comme au néo-positivisme de notre monde bétonné (Henri Bauchau). L’approche phénoménologique permet d’étudier les diverses manifestations de l’émerveillement – stupeur, effroi, admiration, extase – et leur expression littéraire, du « syndrôme de Stendhal » à l’émerveillement murmuré chez Jaccottet, de « l’éblouissement des origines » de Bataille au « sense of wonder » que mobilisent de récentes oeuvres de science-fiction.
Il propose enfin une approche esthético-poétique. L’épreuve cognitive et affective de s’émerveiller implique, pour le récit, une économie narrative fondée sur l’attention plus que sur la tension narrative. On pourra par ailleurs comparer des poétiques différentielles, de l’emphase hyperbolique au mode lyrique mineur, et apprécier la fonction de la métaphore dans le dire du transport émotif.

Collection Ateliers de l'imaginaire, les derniers titres

Publié le28 février 2017
Mis à jour le23 avril 2020