À l’occasion de cette première exploration sur la question de l’entre-deux et de l’imaginaire, des chercheurs dans le domaine de la langue, des sciences sociales et de l’imaginaire réfléchissent à une théorisation rénovée de leurs champs respectifs.

Présentation

Ce numéro spécial s'inscrit dans une filiation libre par rapport au travail de François Jullien, philosophe et sinologue. Ce dernier donne à la question de l’entre une dimension philosophique et il en fait un outil épistémologique, en proposant le concept exploratoire, fécond et aventureux, « d'écart ». Contrairement à la notion de différence, qui reste à la remorque de l'identité, « l'entre » met en tension ce qu'il sépare. L'entre – tel qu'il le théorise – n'est plus réduit au statut d'intermédiaire, entre le plus et le moins, mais se déploie comme « l'à travers ». L’entre (écart vide mais plein de potentialités) n’est pas non plus réductible à la catégorie de l’inter (espace plein de choses communes, au croisement de deux ensembles), globalement plébiscitée dans les sciences humaines et le comparatisme. L'entre permet une pensée de la transformation et du cheminement. Il autorise une fécondité de l'échange (« après des siècles de sujet insulaire et solipsiste, on se met à croire à l'entre de l'entre-nous, celui de l'intersubjectivité », F. Jullien).

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Publié le18 juillet 2016
Mis à jour le20 août 2019